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Comment un ouvrage du XVIIIème siècle a transformé notre perception des religions: les « Cérémonies et coutumes religieuses de tous les peuples du monde »

Posted in Histoire des religions, Livres et édition by Jean-François Mayer
sept 19 2010
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Il y a une dizaine d’années, j’avais découvert, au hasard d’achats de gravures, quelques illustrations provenant des Cérémonies et coutumes religieuses de tous les peuples du monde représentées par des figures dessinées de la main de Bernard Picart, volumes publiés à Amsterdam à partir de 1723. J’avais été d’emblée séduit par la qualité de ces gravures: depuis, j’en ai acheté plusieurs, fait encadrer quelques-unes, offert d’autres. À l’entrée de mon logement, l’on peut voir sur un mur une procession de la Fête-Dieu, sur l’autre un baptême et des funérailles russes — la première plus exacte que la seconde: Picart avait pu voir des processions de la Fête-Dieu, mais sans doute jamais des cérémonies orthodoxes russes. Les représentations de Picart ne se limitent pas aux formes religieuses du monde chrétien: les cultures les plus exotiques se trouvent aussi dans sa galerie.

Le baptême des russes - gravure de Picart

De Picart, je savais simplement qu’il était un protestant français réfugié aux Pays-Bas. J’avais deviné aussi que l’influence de ses représentations avait été large: en effet, au milieu du XIXe siècle, des ouvrages sur les religions continuaient de copier Picart. Mais je n’avais pas conscience de l’importance de l’œuvre de Picart dans l’histoire des idées en Europe.

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Tagged as: gravures, livre, religions

Le bibliomane dans tous ses états

Posted in Livres et édition by Jean-François Mayer
août 07 2010
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Livres sur les rayons d'une bibliothèqueL’amour des livres est-il une addiction? Je ne parle pas simplement du livre de collection, du tirage sur beau papier, mais du livre en général. Depuis mon enfance, il me paraît naturel de soigner mes livres, même un livre de poche; je suis horrifié de voir comment certains lecteurs traitent leurs livres. Certes, ce qui m’intéresse est le contenu. Mais le support matériel de ces compagnons que deviennent les livres mérite le respect. Serais-je donc bibliomane?

Je me suis interrogé sur la définition du mot, grâce aux précieuses ressources que nous offre, dans sa section « Lexicographie », le Centre national de ressources textuelles et lexicales. Surprise: la définition évolue d’une édition à l’autre du Dictionnaire de l’Académie française! Dans la 4e édition de celui-ci (1762), la bibliomanie est définie comme la « passion d’avoir des livres ». Dans la 8e édition (1932-1935), c’est la « manie d’avoir des livres précieux et rares ». La 9e édition (en cours depuis 1992, et en ligne) semble choisir la prudence et laisser à chaque lecteur le soin de tirer ses propres conclusions: « XVII e siècle. Composé de biblio- et de -manie, tiré du grec mania, «folie». Passion du bibliomane. » Mais le bibliomane (qui se trouve simplement « atteint de bibliomanie » dans des éditions antérieures, maladie plutôt inoffensive) a droit à un jugement sévère: « XVIIe siècle. Dérivé de bibliomanie. Personne qui a la passion des livres, notamment des livres rares et précieux, moins pour les lire que pour les posséder. »

Plusieurs autres dictionnaires poussent encore plus loin et soupçonnent le bibliomane de souffrir d’un sérieux dérangement: « Passion excessive des livres » (Littré); « Qui a une passion maniaque pour les livres » (Mediadico). Publié en 1995 chez Henry Holt and Company, un épais ouvrage de plus de 600 pages, que je n’ai pas eu l’occasion de lire, écrit par Nicholas A. Basbanes et consacré aux bibliophiles et bibliomanes, était intitulé A Gentle Madness, « une douce folie »…

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L’amour du papier

Posted in Livres et édition by Jean-François Mayer
juin 26 2010
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Au mois de mai, le jeudi de l’Ascension, j’ai fait la désagréable expérience d’un dégât d’eau chez moi. Ennuyeux, puisqu’il faut ensuite réparer. Mais plus que cela, car quelque 200 volumes et brochures furent abîmés ou irrémédiablement détruits. L’occasion semble bonne pour partager quelques réflexions et anecdotes sur le goût pour les livres et l’imprimé en général. Ce sera l’objet de la prochaine note. Mais tout d’abord, quelques observations sur l’amour du papier.

Amour du papier? Oui, même si je suis loin d’être un expert du sujet: après tout, je trouve un plaisir sensuel à caresser une page, à sentir la texture du papier, et nul besoin pour cela qu’il s’agisse d’une édition de luxe. Parmi les volumes abîmés en ce jour fatidique de l’Ascension 2010 se trouvait une série reliée d’une petit périodique de l’entre-deux-guerres: plus d’une fois, en le consultant, je me plaisais à passer les doigts sur les pages bien lisses, comme pour les lisser encore mieux. En revanche, quand le papier bien conservé se gondole après les atteintes de l’humidité, ce plaisir disparaît — et peu importe que le texte soit toujours lisible, la lecture s’en trouve gâchée. (Lire la suite…)

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Tagged as: imprimerie, livre, papier

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