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	<title>Orbis.info @ Notes de Jean-François Mayer &#187; Mort</title>
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	<description>Actualités, commentaires, lectures</description>
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		<title>Immortalis &#8211; autour des monuments funéraires</title>
		<link>http://orbis.info/2010/10/immortalis-autour-des-monuments-funeraires/</link>
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		<pubDate>Sat, 30 Oct 2010 17:47:28 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Jean-François Mayer</dc:creator>
				<category><![CDATA[Mort]]></category>

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		<description><![CDATA[Une exposition et un livre d'un photographe nous proposent une promenade à travers les cimetières pour y découvrir les monuments funéraires de quelque 200 personnalités (suisses et étrangères) reposant en Suisse.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://orbis.info/wp-content/uploads/2010/10/Immortalis.jpg"><img class="alignright size-full wp-image-181" title="Immortalis" src="http://orbis.info/wp-content/uploads/2010/10/Immortalis.jpg" alt="" width="340" height="500" /></a>Comme chaque année, en cette période de la Toussaint, les journaux publient des articles sur les cimetières ou l’évolution des rites funéraires. Les uns et les autres connaissent de rapides transformations, qui méritent l’attention de ceux qui étudient les croyances et pratiques liées à la mort dans le monde contemporain.</p>
<p>Pour ma part, je suis allé voir aujourd’hui une exposition de photographies au <a href="http://www.gutenbergmuseum.ch" target="_blank">Musée Gutenberg</a> de ma ville de Fribourg. Intitulée <em>Immortalis</em>, l’exposition présente des photographies de tombes de personnalités enterrées dans des cimetières suisses, à travers l’objectif du photographe Hanspeter Buholzer.</p>
<p>Il nous montre des styles de monuments funéraires non seulement à travers les décennies, mais aussi marqués par des contextes locaux. Ainsi, la croix sculptée en bois du célèbre hôtelier César Ritz (1850-1918) est typique du style de certains cimetières alpestres.</p>
<p>Ce qui me frappe, s’agissant de monuments funéraires de personnalités, c’est que beaucoup sont d’une grande sobriété: le nom, la date de naissance et la date de décès sur la tombe. Dans le recueil de photographies de Buholzer, seules de rares tombes sont surmontées d’un buste ou d’une représentation réaliste du défunt. De simples inscriptions sur des pierres rectangulaires marquent les sépultures de Thomas Mann (1875-1955) et plusieurs membres de sa famille. Une simple croix de pierre surmonte celle de l’actrice Audrey Hepburn (1929-1993). Et bien d’autres encore.</p>
<p><span id="more-180"></span>Le plus imposant monument est sans doute celui du duc Charles de Brunswick (1804-1873), qui ne se trouve pas dans un cimetière, mais proche d’un quai au bord du lac: c’est le “monument Brunswick”, véritable mausolée. En effet, Charles de Brunswick était devenu dans son exil un riche investisseur et il fit un legs important à la ville de Genève, où il passa les dernières années de sa vie, avec la condition que soit élevé &laquo;&nbsp;un mausolée situé en un emplacement éminent et digne, exécuté selon la conception prévue, en recourant aux meilleurs artistes de l’époque, sans considération du prix&nbsp;&raquo;. La “conception prévue” était le tombeau de la famille Scaligeri à Vérone, en Italie, oeuvre du XIVe siècle.</p>
<p>Imposant aussi est le monument funéraire du pédagogue Pestalozzi (1746-1827),  à Brugg (Argovie). Ou celui du général Henri Guisan (1874-1960), à Pully (Vaud).</p>
<p>Dans la catégorie des tombes sortant de l’ordinaire, celle du psychologue Jean Piaget (1896-1980), à Genève: quelques grosses pierres, devenues moussues, de taille irrégulière, en un petit cercle. Ou celle, particulièrement originale, du peintre et graphiste Richard Paul Lohse (1902-1988), à Zurich: il composait ses images selon des règles mathématiques, explique Buholzer, et son monument est une sorte de cadre vide, aux côtés orangé, vert, jaune et rouge, verticalement dressé, à la façon d’un panneau vide, devant une haie de thuya carrée de plus grande dimension. Les noms des personnes inhumées là figurent en dessous du cadre, comme une liste de résidents que l’on trouverait à l’entrée d’un immeuble.</p>
<p>Quelques défunts n’ont pas laissé de trace tombale. Par choix, dans le cas du chimiste Albert Hofmann (1896-2008), le découvreur du LSD, dont les cendres ont été dispersées autour d’une borne à la lisière d’une forêt – une pratique de plus en plus fréquente ces dernières années. Ou plus tristement, dans le cas de la physicienne serbe Mileva Einstein (1875-1948), épouse d’Albert Einstein de 1901 à 1914, morte dans la pauvreté et la solitude: sa tombe n’existe plus, l’endroit où elle se trouvait est aujourd’hui un espace vert dans le cimetière de Zurich.</p>
<p><em>Immortalis</em> est aussi le titre d’un livre que Buholzer a publié en allemand, avec les photographies commentées de plus de 200 tombes. Je n’ai pas manqué d’acheter ce volume, même s’il m’a un peu déçu: la plupart des photographies reproduites dans le livre sont trop petites et empêchent de voir les détails des pierres tombales ou monuments funéraires, alors que les photographies présentées à l’exposition sont de dimension adéquate. Par exemple, sur un panneau de l’exposition, le visiteur peut immédiatement reconnaître une scène inspirée de légendes nordiques anciennes sur le monument de l’écrivain argentin Jorge Luis Borges (1899-1986), qui repose à Genève; impossible, en revanche, de la distinguer sur la photographie du livre, même si une légende explique de quoi il s’agit et traduit les textes gravés sur la pierre.</p>
<p>Dommage, mais cela n’enlève rien à l’intérêt du recueil. Avec la diffusion très rapide de la pratique de l’incinération, les tombes comme celles qui figurent dans le recueil de Buholzer, avec leurs monuments destinés à durer, se feront sans doute plus rares.</p>
<p>Hanspeter Buholzer, <em>Immortalis. Prominenz auf Schweizer Friedhöfen</em><em>, </em>Trubschachen, Landverlag, 2009, 120 p. (<a href="http://www.landverlag.ch/" target="_blank">cliquez ici pour accéder au site de l&#8217;éditeur</a>).</p>
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		<title>Brèves réflexions autour de la mort dans le monde contemporain</title>
		<link>http://orbis.info/2010/03/breves-reflexions-autour-de-la-mort-dans-le-monde-contemporain/</link>
		<comments>http://orbis.info/2010/03/breves-reflexions-autour-de-la-mort-dans-le-monde-contemporain/#comments</comments>
		<pubDate>Fri, 12 Mar 2010 16:15:58 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Jean-François Mayer</dc:creator>
				<category><![CDATA[Mort]]></category>

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		<description><![CDATA[Le récent décès de mon père m'a incité à rédiger une petite note autour de la mort et des rites funéraires dans le monde contemporain. Elle évoque la permanence des rites et la signification qu'ils peuvent revêtir à travers les siècles, mais aussi de nouvelles pratiques autour de la mort et le "bricolage rituel". Quelques réflexions brèves sur un sujet vaste...]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://orbis.info/wp-content/uploads/2010/03/IMG_0169.jpg"><img class="alignright size-full wp-image-108" title="IMG_0169" src="http://orbis.info/wp-content/uploads/2010/03/IMG_0169.jpg" alt="" width="301" height="402" /></a>Si ce site n&#8217;a pas été alimenté au cours du mois écoulé, c&#8217;est pour de sérieuses raisons: mon père, Carl Mayer, est décédé le 22 février 2010, à moins d&#8217;un mois de son 82e anniversaire. Plusieurs jours passés à son chevet, puis les obsèques&#8230; chacun d&#8217;entre nous est passé ou passera un jour par de tels moments et sait ce que cela signifie. Durant trois semaines, tout a tourné autour de la maladie et de la mort de mon père. Mais c&#8217;est aussi une occasion de partager ici quelques réflexions autour de la mort, à l&#8217;heure de reprendre la publication de ces notes.<span id="more-106"></span></p>
<p>Je ne suis pas un spécialiste de ce sujet qui nous touche tous. Pendant quelques années, j&#8217;ai été abonné à une revue spécialisée en anglais, <em>Mortality</em>, mais je n&#8217;ai pas conservé l&#8217;abonnement, faute de temps pour tout lire. Il y a quelques années, j&#8217;avais vu un excellent documentaire télévisé allemand de Jürgen Flettner, <em>Finale Grande. Wie die Deutschen unter die Erde kommen </em>(SWR, 2000), qui décrit l&#8217;évolution de l&#8217;industrie des pompes funèbres en Allemagne — qu&#8217;il s&#8217;agisse de nouveaux types de cercueil ou de la multiplication de centres funéraires offrant un cadre religieusement neutre et à l&#8217;atmosphère soigneusement étudiée pour accueillir les familles endeuillées autour du défunt. Le directeur d&#8217;un centre funéraire et d&#8217;une entreprise de pompes funèbres de Lausanne explique que quatre défunts sur dix reposent sur un lit et non dans un cercueil, dans une atmosphère feutrée: &laquo;&nbsp;Je suis comme un hôtelier, précise-t-il, je mets des chambres à disposition, et les familles les arrangent comme elles le souhaitent.&nbsp;&raquo; (<em>Le Matin Dimanche</em>, 29 octobre 2006)</p>
<p>Mais des sociétés pluralistes donnent naissance à des attentes variées: en témoignent les offres d&#8217;obsèques &laquo;&nbsp;à prix cassés&nbsp;&raquo;, car tout le monde ne veut ou peut pas assumer les frais de funérailles selon le modèle classique. En décembre 2008, dans un journal australien, j&#8217;étais tombé en arrêt sur cette petite annonce: &laquo;&nbsp;Les personnes sensées choisissent une mini-funéraille. Moins de temps, moins d&#8217;histoires, privé, intime, mais avec dignité et respect. Seulement $ 2.600&#8243; — suivait le numéro de téléphone de l&#8217;entrepreneur de pompes funèbres&#8230;</p>
<p>L&#8217;on pourrait aussi évoquer la diffusion toujours plus large de la crémation dans les pays occidentaux, alors que celle-ci avait longtemps été refusée (et l&#8217;est toujours par certaines communautés religieuses): dans la ville où je réside, j&#8217;ai appris que quelque 70% des défunts étaient incinérés. Il existe cependant de fortes variations d&#8217;un pays à l&#8217;autre: la République tchèque (77%), la Suisse (75%), la Grande-Bretagne (73%) et la Suède (71%) arriveraient en tête des pourcentages de défunts incinérés en Europe, tandis que l&#8217;Allemagne est à 43%, la Belgique à 37%, la France à 27%, l&#8217;Espagne à 18%, l&#8217;Italie à 10%, l&#8217;Irlande à 7% et le Portugal à 4% (<em>Le Monde</em>, 19 décembre 2008).</p>
<p>Je note également la progression de la thanatopraxie en Europe: si peu de familles s&#8217;y livrent elles-mêmes à la toilette du mort, les techniques de préparation du corps, afin de donner à celui-ci une allure paisible et de laisser &laquo;&nbsp;une image apaisée et apaisante du défunt&nbsp;&raquo;, sont de plus en plus utilisées, &laquo;&nbsp;ce qui rendra plus facile le travail de deuil&nbsp;&raquo;, notait un spécialiste interrogé par Laurent Catherine dans <em>L&#8217;Express </em>(31 octobre 1996). &laquo;&nbsp;Vous savez, l&#8217;image que la famille emportera [du défunt], c&#8217;est comme une photo: elle restera longtemps. Alors, il ne faut pas que ce soit un choc, il faut que les gens puissent reconnaître leur défunt. On travaille à le rendre aussi naturel que possible.&nbsp;&raquo; (<em>Le Temps</em>, 1er novembre 2006) &laquo;&nbsp;Notre meilleure récompense, c&#8217;est lorsque les gens nous disent: il était beau, il avait l&#8217;air vivant&nbsp;&raquo;, explique un employé de pompes funèbres (<em>Dimanche.ch</em>, 28 octobre 2001).</p>
<p>Telle était en effet l&#8217;impression que donnait le corps de mon père, une fois arrangé par les infirmières sur son lit d&#8217;hôpital, puis dans son cercueil, habillé comme il l&#8217;aurait été avant son hospitalisation, un chapelet entre les mains. J&#8217;ai tenu à voir le corps de mon père revenir dans sa maison, pour un dernier adieu à sa famille et à ses amis dans son environnement familier: dans la tristesse du décès, j&#8217;ai compris ce que signifiait le réconfort de la présence communautaire autour du défunt, avec ces visiteurs aux profils si variés, venus de recueillir autour de mon père pour lui adieu chez lui.</p>
<p>Importance, aussi, de la célébration des obsèques dans la cathédrale de Fribourg, durant laquelle les chants étaient ceux qui ont, durant des siècles, accompagné ici les funérailles de défunts: cette permanence du rite, dans la succession des générations, reliait ce décès particulier à une longue chaîne. Puis le déplacement jusqu&#8217;au cimetière, les prières que l&#8217;on y récite encore, le cercueil que l&#8217;on descend dans la tombe, la poignée de terre jetée dans la fosse par chaque personne présente&#8230; Chacune de ces étapes m&#8217;a paru cruciale et porteuse de sens.</p>
<p>L&#8217;an dernier, j&#8217;avais lu un stimulant petit livre (malheureusement épuisé), écrit par le sociologue suisse Bernard Crettaz: <em>Vous parler de la mort </em>(Ayer, <a href="http://www.porte-plumes.ch/">Ed. Porte-Plumes</a>, 2003). Un livre écrit d&#8217;une plume alerte et libre, un livre de transmission, un texte dont l&#8217;auteur se met en position de passur, écrit en s&#8217;adressant à des interlocuteurs étudiants, à l&#8217;issue de longues années de recherche et d&#8217;activité au sein de la <a href="http://www.société-de-thanatologie.ch/" target="_blank">Société d&#8217;études thanatologiques de Suisse romande</a> — un ouvrage de réflexions personnelles, pas un traité universitaire de forme classique.</p>
<p>En 1999, alors qu&#8217;il préparait une exposition — intitulée <em>La mort à vivre — </em>sur les rites funéraires au Musée d&#8217;ethnographie de Genève, Bernard Crettaz fut confronté à la mort de son épouse, l&#8217;anthropologue Yvonne Preiswerk. Il dit avoir découvert alors que &laquo;&nbsp;l&#8217;on n&#8217;est jamais bien placé pour parler de la mort&nbsp;&raquo; (p. 19). Alors même que se multiplient depuis quelques décennies les recherches sur la mort.</p>
<p>En revanche, il est possible de partager, de transmettre aussi ce que le chercheur a observé et reçu. Crettaz évoque donc, dans son petit livre, les pratiques traditionnelles de la mort dans son Val d&#8217;Anniviers natal (canton du Valais), où &laquo;&nbsp;le rite commençait le jour où un nouveau ménage s&#8217;établissait: on mettait alors en réserve dans la cave familiale du vin et du fromage pour le jour de son enterrement&nbsp;&raquo;. Puis la mort &laquo;&nbsp;se déroulait selon un agencement de séquences précises&nbsp;&raquo;, se terminant par le repas d&#8217;enterrement (&laquo;&nbsp;ce dernier pouvant se transformer en fort joyeuse assemblée&nbsp;&raquo;, précise Crettaz): &laquo;&nbsp;Jusqu&#8217;au début du XXe siècle, on conduisait le cercueil ouvert sur la place du village, les participants buvaient un verre à la santé du mort auprès duquel on plaçait parfois un viatique constitué de pain et de vin.&nbsp;&raquo; (p. 33)</p>
<p>Tout cela avait été évoqué de belle façon par Yvonne Preiswerk, précisément, dans son livre classique, <em>Le Repas de la Mort. Catholiques et protestants aux enterrements. Visages de la culture populaire en Anniviers et aux Ormonts </em>(Sierre, Monographic, 1983), que l&#8217;on peut <a href="http://www.monographic.ch/php/content/catalogue/livre.php?id=15">encore obtenir auprès de l&#8217;éditeur</a>. Il vaut la peine, pour ceux qui ne l&#8217;auraient jamais lu, de se plonger dans cette passionnante évocation de cultures mortuaires alpestres afin de mieux comprendre comment des sociétés traditionnelles ont géré la mort.</p>
<p>Crettaz, pour revenir à lui, n&#8217;est pas de ceux qui ont la nostalgie des pratiques du passé, malgré l&#8217;intérêt qu&#8217;il porte à celles-ci: il se montre tout autant sensible au &laquo;&nbsp;bricolage rituel&nbsp;&raquo; (un bricolage qui ne porte d&#8217;ailleurs pas seulement sur la mort, mais touche à tout ce qui relève des rites de passage), faisant que les enterrements ressemblent de moins en moins les uns aux autres, tout en favorisant parfois le renouveau de pratiques anciennes telles que les repas d&#8217;enterrement. Le temps montrera ce qui relève de modes et ce qui sera durable. Mais le besoin de rituels, traditionnels ou créés, semble bien présent.</p>
<p>Le livre de Crettaz propose d&#8217;intéressantes réflexions sur le deuil, soulignant qu&#8217;il ne s&#8217;agit pas seulement de tourner une page:</p>
<p>&laquo;&nbsp;[...] c&#8217;est aussi, sans superstition, sans fausse religion, vivre avec les défunts. C&#8217;est une exigence pour l&#8217;incroyant, comme pour le croyant, qui remonte du fond de la mémoire des civilisations. Cette nouvelle vie avec les morts, au cœur de sa nouvelle vie à soi, pose un objectif qui, à mon avis, transcende tout le travail de deuil. On peut le nommer travail d&#8217;énigme. À ce stade, vivre et penser la fin de l&#8217;autre suppose vivre et penser&#8230; sa propre fin.&nbsp;&raquo; (p. 71)</p>
<p>En ce jour qui aurait été celui de l&#8217;anniversaire de mon père s&#8217;il avait vécu quelques semaines de plus, mais aussi chaque jour depuis son décès, cette dimension de la &laquo;&nbsp;vie avec les morts&nbsp;&raquo; prend tout son sens. Quant à &laquo;&nbsp;penser sa propre fin&nbsp;&raquo;, il m&#8217;a fallu le faire dès le lendemain de la mort de mon père: la tombe que j&#8217;ai choisie pour lui sera un jour aussi la mienne. <em>Memento mori</em>&#8230;</p>
<p><em>J&#8217;avais visité en 1999 l&#8217;exposition La mort à vivre. Deux petits volumes l&#8217;avaient accompagnée et restent des lectures recommandées, bien que très différentes. Le premier, ouvrage collectif signé par Jérôme Ducor et al., </em><strong><em>Petit Manuel des rites mortuaires</em></strong><em> (Genève, La Joie de Lire, 1999), contient en particulier un &laquo;&nbsp;ABC des rites mortuaires&nbsp;&raquo;, utile glossaire des mots et pratiques liés à la mort. Des textes brefs évoquent ensuite de façon simple tout ce qui suit la mort (pompes funèbres, rites, obsèques, deuil&#8230;). L&#8217;autre livre, fiction destinée aux adolescents, peut être également une belle lecture pour des adultes. Signé Eugène et illustré par Bertola, il est intitulé </em><strong><em>La Mort à vivre</em></strong><em> (Genève, La Joie de Lire, 1999). C&#8217;est l&#8217;histoire d&#8217;un jeune homme, fils de croque-mort, devenu croque-mort &laquo;&nbsp;presque malgré lui&nbsp;&raquo; dans son village, après la mort subite de son père.</em></p>
<p><em>Et je termine par une chaude recommandation filmographique: le </em><a href="http://www.departures-themovie.com/"><em>magnifique film japonais </em></a><a href="http://www.departures-themovie.com/"><strong><em>Departures</em></strong></a><em>, histoire d&#8217;un musicien qui devient employé de pompes funèbres. Tous ceux qui l&#8217;ont vu ont été bouleversés par ce chef d&#8217;œuvre, </em><a href="http://www.amazon.fr/gp/product/B002UMCWDY?ie=UTF8&amp;tag=religioscope-21&amp;linkCode=as2&amp;camp=1642&amp;creative=6746&amp;creativeASIN=B002UMCWDY"><em>maintenant disponible en DVD</em></a><em><img style="border: none !important; margin: 0px !important;" src="http://www.assoc-amazon.fr/e/ir?t=religioscope-21&amp;l=as2&amp;o=8&amp;a=B002UMCWDY" border="0" alt="" width="1" height="1" />.</em></p>
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