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	<title>Orbis.info @ Notes de Jean-François Mayer &#187; Europe</title>
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	<description>Actualités, commentaires, lectures</description>
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		<title>L&#8217;Annuaire Evangélique: un panorama de la situation des Eglises évangéliques en France</title>
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		<pubDate>Sun, 30 Jan 2011 16:23:12 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Jean-François Mayer</dc:creator>
				<category><![CDATA[Europe]]></category>
		<category><![CDATA[Evangéliques]]></category>
		<category><![CDATA[annuaire évangélique]]></category>
		<category><![CDATA[évangéliques]]></category>
		<category><![CDATA[France]]></category>

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		<description><![CDATA[L'édition 2011 de l'Annuaire évangélique de France offre un panorama de la situation des dynamiques communautés chrétiennes évangéliques dans ce pays ainsi qu'une liste des groupes et oeuvres. Elle offre aussi quelques utiles données statistiques.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Cela faisait quelques années que je n&#8217;avais plus commandé l&#8217;<em>Annuaire évangélique</em>, une utile publication contenant la liste de toutes les communautés protestantes évangéliques en France, département par département, ainsi que les adresses des &laquo;&nbsp;collaborateurs&nbsp;&raquo; (ministres du culte, etc.) dans ce pays. Je me suis cependant procuré l&#8217;édition 2011, qui vient de paraître. J&#8217;y ai découvert d&#8217;intéressantes données sur l&#8217;évolution et la situation du monde évangélique en France.</p>
<p><span id="more-219"></span>
<p><img style="float: right;" title="2011_01_annuaire_ev.jpg" src="http://orbis.info/wp-content/uploads/2011/01/2011_01_annuaire_ev1.jpg" border="5" alt="2011_01_annuaire_ev.jpg" width="242" height="342" /></p>
<p>Un tel annuaire joue un rôle important: il permet en effet, en acceptant ou non un groupe, de délimiter <em>de facto</em> le territoire du monde évangélique français. Ce point est particulièrement important dans un pays où la controverse autour des &laquo;&nbsp;sectes&nbsp;&raquo; a parfois été vive. Figurer dans l&#8217;annuaire représente sans doute un sorte de première reconnaissance – même si les éditeurs prennent soin de préciser: &laquo;&nbsp;il se peut que des responsables chrétiens authentiquement évangéliques n&#8217;aient pas été pris en compte dans cet ouvrage, soit parce qu&#8217;ils ne le souhaitaient pas soit parce qu&#8217;ils ne se sont pas fait connaître.&nbsp;&raquo; Certains groupes, en revanche, ont été laissés à l&#8217;écart en toute connaissance de cause: en particulier les groupes prêchant &laquo;&nbsp;l&#8217;évangile de la prospérité&nbsp;&raquo; (p. 5). La &laquo;&nbsp;commission annuaire&nbsp;&raquo; du CNEF décide qui peut figurer dans l&#8217;annuaire.</p>
<p>Sans être spécialiste de ce sujet (je renvoie pour cela en particulier à <a href="http://blogdesebastienfath.hautetfort.com/">Sébastien Fath</a>, l&#8217;un des meilleurs connaisseurs du monde évangélique français, et bien au delà de celui-ci, avec lequel Religioscope avait <a href="http://www.religioscope.com/info/articles/005_evangeliques_fr.htm">publié un entretien en 2002</a>), la simple lecture du volume me semble mettre en évidence un double mouvement:</p>
<ul>
<li>D&#8217;une part, le témoignage évangélique – qui inclut des groupes allant des baptistes aux pentecôtistes en passant par des méthodistes et mennonites – apparaît comme éclaté, fragmenté: il existe plus de 45 unions  ou groupements rassemblant des communautés locales. Le plus important en 2010 étaient les Assemblées de Dieu (382 communautés) et la Mission évangélique tzigane de France (218). En outre, il existe 234 groupes indépendants recensés dans l&#8217;annuaire.</li>
<li>D&#8217;autre part, d&#8217;importants efforts de dialogue et coordination ont vu le jour. Le plus notable est la naissance (officiellement le 15 juin 2010, &laquo;&nbsp;après plusieurs années de travail de préparation&nbsp;&raquo;) du <a href="http://www.lecnef.org/">Conseil national des évangéliques de France</a> (CNEF), qui assume désormais la responsabilité de l&#8217;annuaire. Il regrouperait aujourd&#8217;hui 70% du monde évangélique français. Il faut aussi rappeler, bien entendu, que certains regroupement évangéliques sont membres de la Fédération protestante de France (FPF): tel est, par exemple, le cas de la Mission évangélique tzigane (qui n&#8217;est en revanche pas membre du CNEF, tandis que les Assemblées de Dieu en ont été l&#8217;un des membres fondateurs, mais n&#8217;appartiennent pas – encore? – à la FPF).</li>
</ul>
<p>L&#8217;annuaire est volumineux: quelque 600 pages. L&#8217;édition 2011 contient en pages centrales un supplément: une éclairante étude statistique et cartographique des Eglises protestantes évangéliques en France (situation 2010). Ces données ont été préparées par le vice-président du CNEF, le missiologue Daniel Liechti.</p>
<p>Sous forme de chiffres et de cartes, ce supplément donne une première idée de la progression de la présence évangélique en France. Mais tout d&#8217;abord, un chiffre qui ne peut manquer de frapper le lecteur: sur 1.700.000 protestants en France métropolitaine, 600.000 sont des évangéliques. Mais si l&#8217;on se limite aux 600.000 pratiquants réguliers, 460.000 seraient des évangéliques (auquel il faudrait ajouter 70.000 à 100.000 dans les DOM-TOM). Trois protestants pratiquants sur quatre, en France, s&#8217;inscriraient donc aujourd&#8217;hui dans cette mouvance.</p>
<p>Il faut dire que la progression, probablement plutôt servie par la fragmentation évoquée plus haut, a été rapide. En 1970, on dénombrait 769 églises (à entendre ici au même sens que paroisses) évangéliques en France. En 2010,rapporte Daniel Liechti, il en existait 2.068 (2.308 si l&#8217;on inclut également l&#8217;outre-mer). 35 environ s&#8217;y ajoutent chaque année.</p>
<p>Précisons que l&#8217;annuaire est également accessible en ligne, sur un site à la navigation efficace et rapide (par regroupement, par département, etc.). Ce site permet aussi de découvrir les nouvelles communautés insérées depuis la publication du volume. URL: <a href="http://www.eglises.org/">www.eglises.org</a>.</p>
<p><em>L&#8217;Annuaire évangélique 2011 peut être commandé directement à son éditeur: </em><a href="http://www.blfeurope.com/"><em>BLF Europe</em></a><em>. Son prix est de 27,90 €.</em></p>
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		<title>Un répertoire en ligne des groupes religieux au Luxembourg</title>
		<link>http://orbis.info/2011/01/un-repertoire-en-ligne-des-groupes-religieux-au-luxembourg/</link>
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		<pubDate>Tue, 25 Jan 2011 21:42:23 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Jean-François Mayer</dc:creator>
				<category><![CDATA[Europe]]></category>
		<category><![CDATA[Monde et pays]]></category>
		<category><![CDATA[groupes religieux]]></category>
		<category><![CDATA[Luxembourg]]></category>
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		<category><![CDATA[répertoire]]></category>
		<category><![CDATA[sites]]></category>

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		<description><![CDATA[Au mois de janvier 2011 a été lancée une première version d'un site répertoriant les religions et mouvements spirituels au Luxembourg. Récit de cette initiative, sur arrière-plan de noms de domaine Internet...]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Depuis quelques jours, un nouveau site est en ligne, <a href="http://www.religion.lu">Religion.lu</a>. Il propose l&#8217;amorce d&#8217;un répertoire des mouvements religieux et spirituels au Luxembourg. Voici comment est née cette initiative, presque fortuitement&#8230;</p>
<p><img style="display: block; margin-left: auto; margin-right: auto;" title="2011_01_luxembourg_site.jpg" src="http://orbis.info/wp-content/uploads/2011/01/2011_01_luxembourg_site2.jpg" border="0" alt="2011_01_luxembourg_site.jpg" width="564" height="302" /></p>
<p><span id="more-214"></span>
<p>Il me faut d&#8217;abord évoquer mon intérêt pour les noms de domaine. En 2001 fut lancée l&#8217;extension (TLD, top level domain) .INFO. Etant donné qu’Internet m&#8217;intéressait en particulier sous l&#8217;angle des nouvelles possibilités de production et diffusion d&#8217;information, je décidai de réserver plusieurs noms de domaine en .INFO. Je réussis à en acquérir plusieurs lors du <em>Landrush I</em>, qui permettait à tout un chacun &#8211; premier venu, premier servi &#8211; de devenir propriétaire d&#8217;un ou plusieurs noms de domaine .INFO; ce <em>Landrush</em> suivait une période <em>Sunrise</em>, durant laquelle les détenteurs de marques déposées avaient priorité pour les réservations. Plusieurs milliers de noms ayant alors été réservés de façon frauduleuse par de prétendus détenteurs de marques inexistantes (dans des buts spéculatifs), ces noms furent retirés à leurs propriétaires illicites et il y eut, quelques mois plus tard, en 2002, un <em>Landrush II</em>, lors duquel ces noms furent remis sur le marché. Ce fut alors que je réussis à acheter le nom <a href="http://www.religion.info">Religion.info</a>, qui est aujourd&#8217;hui l&#8217;adresse du site Religioscope, et plusieurs autres noms.</p>
<p>Par la suite, j&#8217;ai acquis des dizaines d&#8217;autres noms, dans différentes extensions (.COM, .NET, .CH&#8230;). Plusieurs de ces acquisitions ont débouché sur la création de sites: par exemple <a href="http://www.orthodox.cn">Orthodox.cn</a>, mis à disposition d&#8217;un groupe d&#8217;orthodoxes souhaitant développer un site sur l&#8217;Eglise orthodoxe en Chine; il est aujourd&#8217;hui devenu la plus importante ressource sur le sujet, en chinois, avec des sections en anglais et en russe.</p>
<p>Au début de cette année 2011, j&#8217;ai eu la curiosité de regarder si le mot &laquo;&nbsp;religion&nbsp;&raquo; était par hasard encore disponible dans les extensions de certains pays européens. &laquo;&nbsp;Religion&nbsp;&raquo; est en effet un mot clé dans plusieurs langues européennes: français, anglais, allemand, espagnol&#8230;</p>
<p>Comme je le prévoyais, le mot était déjà réservé dans tous les pays où il appartient au vocabulaire local, et même dans d&#8217;autres; il n&#8217;était plus disponible que dans certaines extensions de troisième niveau, telles que .CO.AT (Autriche), qui ne présentent qu&#8217;un faible intérêt. (Dans certains pays, comme la France, le mot &laquo;&nbsp;religion&nbsp;&raquo; et d’autres mots restent des noms réservés par le registre et pas mis en vente.)</p>
<p>Mais il y avait une exception! A ma grande surprise, le mot &laquo;&nbsp;religion&nbsp;&raquo; était disponible dans l&#8217;extension .LU (Luxembourg).</p>
<p>Quand j&#8217;ai constaté cela, j&#8217;ai commencé par vérifier si je remplissais les conditions: dans certains pays, on ne peut réserver un nom de domaine que si l&#8217;on est domicilié sur place. Peut-être était-ce le cas du Luxembourg? En effet&#8230; mais cette restriction avait été levée en février 2010! Depuis ce moment, tout le monde, après paiement du montant voulu, peut enregistrer un .LU., indépendamment du lieu de résidence.</p>
<p>Quelques minutes plus tard, je me retrouvais ainsi l&#8217;heureux détenteur de <a href="http://www.religion.lu">Religion.lu</a>.</p>
<p>Un tel nom de domaine a une vocation naturelle à devenir une source d&#8217;information sur les religions au Luxembourg. C&#8217;est ce que j&#8217;ai tenté de faire: quelques jours après mon achat, une première version de <a href="http://www.religion.lu">Religion.lu</a> était déjà en ligne, avec un répertoire &#8211; organisé par familles religieuses &#8211; des groupes religieux ou parareligieux présents au Luxembourg. J&#8217;ai même inclus une section &laquo;&nbsp;humanistes&nbsp;&raquo; (pour les libres-penseurs et autres courants du même type). A vrai dire, il n&#8217;a pas toujours été simple de déterminer la bonne &laquo;&nbsp;étiquette&nbsp;&raquo; pour chaque section du menu (cette étiquette devant être courte, pour des raisons de présentation): pour les groupes d&#8217;origine indienne, j&#8217;ai indiqué &laquo;&nbsp;hindous&nbsp;&raquo;, bien qu&#8217;il s&#8217;agisse en fait d&#8217;Occidentaux adeptes de maîtres spirituels d&#8217;origine hindoue.</p>
<p>S&#8217;il s&#8217;était agi d&#8217;un grand pays, sans doute aurais-je reculé devant l&#8217;ampleur de la tâche. Mais pour un territoire d&#8217;un demi-million d&#8217;habitants, l&#8217;objectif étaitréaliste : je n’ai pu résister à l’envie de me lancer dans ce projet.</p>
<p>Le site est de présentation très simple, mais claire. Sans doute en améliorerai-je par la suite la présentation: il convient que celle-ci demeure sobre et que la navigation soit aisée.</p>
<p>Si vous connaissez la vie religieuse du Luxemourg et trouvez des erreurs ou des omissions, je vous serais très reconnaissant de me signaler celles-ci. Ce site a vocation à s&#8217;enrichir et à être amélioré.</p>
<p>Dans un premier temps, l&#8217;objectif est d&#8217;établir une liste aussi complète que possible de tous les groupes religieux, spirituels ou analogues présents sur le territoire du Grand-Duché. Par la suite, il serait souhaitable de pouvoir ajouter au site quelques articles documentaires sur la situation religieuse du Luxembourg et son évolution. Je renonce en revanche à une section sur l’actualité religieuse du Luxembourg, à moins de trouver un jour un volontaire capable de s&#8217;en charger, car cela exigerait trop de travail au quotidien &#8211; et ce n&#8217;est pas le seul site dont je m&#8217;occupe.</p>
<p>L&#8217;établissement de la liste des groupes religieux au Luxembourg a déjà offert d&#8217;intéressants enseignements. J&#8217;ai notamment été frappé par le nombre assez important de groupes évangéliques. Et aussi remarqué que plusieurs d&#8217;entre eux exercent leur ministère en direction de populations immigrées: au moins trois églises avec des fidèles africains (et probablement d&#8217;autre encore, qu&#8217;il reste à découvrir et à ajouter à la liste), des communautés lusophones, italophones&#8230; Le fort pourcentage de population d&#8217;origine étrangère au Luxembourg a favorisé cette diversification religieuse &#8211; également en ce qui concerne les musulmans, qui ont déjà plusieurs lieux de culte. Hier catholique à plus de 95%, le Luxembourg connaît une évolution semblable à celle des autres pays européens.</p>
<p>J&#8217;ai toujours éprouvé un certain goût pour les tentatives d&#8217;inventaire de groupes religieux: dans une ville, dans une région, dans un pays&#8230; Il existe des modèles du genre, comme l&#8217;impressionnante <em><a href="http://www.gale.cengage.com/pdf/facts/MeltonEncyAmReligions8.pdf">Encyclopedia of American Religions</a></em> (8ème éd., 2009) de mon vieil ami Gordon Melton, ou <em><a href="http://www.cesnur.org/2006/enciclopedia_indice.htm">Le religioni in Italia</a></em> (2006) dirigée par un autre ami, Massimo Introvigne. Il existe aussi des inventaires des groupes religieux à l’échelle d’une ville, comme le <a href="http://religion.info/french/articles/article_55.shtml">guide des communautés religieuses à Zurich</a> publié en 2004 (en allemand) ou le volume<em> Eglises – Appartements – Garages. La diversité des groupes religieux à Fribourg </em>(Fribourg, Academic Press, 2005).</p>
<p>Le petit site nouveau né sur les religions au Luxembourg est une modeste et encore très embryonnaire addition à ces efforts pour avoir une vue d&#8217;ensemble des groupes religieux par pays. A la différence des exemples cités, il se borne (pour le moment en tout cas) à des listes d’adresses et de sites, sans historique et description des groupes. Puisse-t-il être utile déjà sous cette forme!</p>
<p><img style="display: block; margin-left: auto; margin-right: auto;" title="2011_01_luxembourg.jpg" src="http://orbis.info/wp-content/uploads/2011/01/2011_01_luxembourg.jpg" border="0" alt="2011_01_luxembourg.jpg" width="594" height="446" /></p>
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		<title>Immigration et nouveaux édifices de culte en Suisse</title>
		<link>http://orbis.info/2010/10/immigration-et-nouveaux-edifices-de-culte-en-suisse/</link>
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		<pubDate>Sat, 30 Oct 2010 21:51:05 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Jean-François Mayer</dc:creator>
				<category><![CDATA[Europe]]></category>
		<category><![CDATA[Immigration]]></category>
		<category><![CDATA[immigration]]></category>
		<category><![CDATA[lieux de culte]]></category>

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		<description><![CDATA[En Suisse comme dans les autres pays occidentaux apparaissent de nouveaux édifices de culte, construits ou aménagés à l'initiative de communautés religieuses immigrées. Souvent, cependant, ces bâtiments s'élèvent en dehors des villes, parfois dans des banlieues industrielles...]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>La localité de Belp, près de Berne, n’est pas seulement le site d’un aéroport: à côté de la paroisse catholique, de la paroisse réformée et de plusieurs groupes évangéliques, elle accueille depuis quelque temps un bâtiment à l’architecture moins coutumière: la belle église de la <a href="http://www.spcobern.ch/" target="_blank">communauté orthodoxe serbe de Berne</a>. L’intérieur de cet édifice est encore en cours d’aménagement, mais les services liturgiques y sont célébrés chaque semaine depuis juin 2009, en attendant la consécration du bâtiment quand les fresques seront achevées. Une communauté orthodoxe serbe existe à Berne depuis 1969 et, durant quarante ans, a reçu l&#8217;hospitalité de la paroisse catholique-chrétienne (vieille-catholique) de cette ville.</p>
<p><a href="http://orbis.info/wp-content/uploads/2010/10/2010_10_eglise_serbe_belp.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-189" title="2010_10_eglise_serbe_belp" src="http://orbis.info/wp-content/uploads/2010/10/2010_10_eglise_serbe_belp.jpg" alt="L'église de la paroisse serbe de Berne, dans la commune de Belp." width="533" height="400" /></a></p>
<p>Un grande différence avec les paroisses réformée et catholique de Belp: la nouvelle église serbe ne se trouve pas au centre du village, mais dans une zone industrielle en développement, entre un immeuble administratif et un vaste hangar. Elle n’est d’ailleurs pas la seule dans ce cas, parmi les communautés religieuses apparues en Suisse, au cours des dernières décennies, dans le sillage de populations d’immigrants. Ainsi, le pittoresque temple bouddhiste thaïlandais de Gretzenbach, dans le canton de Soleure, a pour arrière-plan l’énorme tour de réfrigération de la centrale nucléaire de Gösgen.</p>
<p><span id="more-188"></span></p>
<p>Pourquoi ces nouvelles communautés se retrouvent-elles parfois dans des banlieues industrielles, ou à la campagne? D’abord, parce que les terrains en pleine ville coûtent cher et qu’elles sont rarement riches. Ensuite, parce qu’un tel emplacement réduit le nombre d’oppositions, à commencer par celles de futurs voisins qui craindraient le claquement des portières des voitures des fidèles le dimanche matin ou les jours de fête. En outre, beaucoup de fidèles se déplacent en voiture, veulent trouver des places de parc à proximité et peuvent facilement sortir des villes. Toute communauté religieuse désireuse de construire un lieu de culte peut témoigner des obstacles à surmonter pour trouver un terrain adéquat.</p>
<p>Le centre de recherche du séminaire de science des religions de l’Université de Lucerne avait publié en 2009 une instructive carte accompagnée de photographies et textes pour présenter 18 édifices de communautés religieuses issues d’une importation à l’époque contemporaine. Intitulé <em>Coupole – Temple – Minaret</em>, ce travail sur les &laquo;&nbsp;édifices religieux de religions immigrées en Suisse&nbsp;&raquo; est également <a href="http://www.religionenschweiz.ch/bauten/fr/index.html" target="_blank">accessible sur Internet</a>, avec des informations détaillées sur chaque site présenté. Il semble appelé à être enrichi, puisque des notices sont déjà annoncées sur l&#8217;église serbe de Berne évoquée au début de ce billet et sur l&#8217;<a href="http://www.mpc-svetinaum.ch" target="_blank">église orthodoxe macédonienne Saint Naum d&#8217;Ohrid</a>, inaugurée en septembre 2010 à Triengen, dans le canton de Lucerne.</p>
<p>Temple sikh ou mormon, église orthodoxe ou mosquée, la caractéristique commune de chacun de ces bâtiments est d’être visible: des signes extérieurs le désignent comme un lieu de culte – que celui-ci ait été construit spécifiquement à l’usage de la communauté, ou qu’un élément rajouté signale la transformation d’un ancien local commercial ou industriel, comme dans le cas du petit minaret décoratif posé sur le toit de la salle de prière turque de Wangen. Et l&#8217;on sait combien cette visibilité de nouvelles composantes religieuses dans une société peut soulever des préoccupations: l&#8217;étonnant vote sur les minarets en Suisse en novembre 2009 l&#8217;a bien illustré.</p>
<p>Il y a une dizaine d&#8217;années, à Londres, j&#8217;avais visité l&#8217;impressionnant <a href="http://www.mandir.org/" target="_blank">temple hindou en marbre blanc  bâti à l&#8217;initiative du mouvement Swaminarayan à Neasden</a>. J&#8217;avais regardé une vidéo racontant la construction du temple. Dans un passage de celle-ci, j&#8217;avais relevé un commentaire qui disait à peu près: &laquo;&nbsp;Il y a des siècles, dans ce pays, des gens construisaient des églises qui se dressent toujours dans le paysage. Aujourd&#8217;hui, nous construisons un temple qui, lui aussi, sera toujours là dans plusieurs siècles.&nbsp;&raquo;</p>
<p>À travers ces signes extérieurs, chacun de ces lieux annonce ainsi au passant que notre environnement religieux se diversifie et que les communautés religieuses issues de l’immigration s’inscrivent maintenant de façon durable dans le paysage européen, même si c’est souvent encore à la périphérie des villes plutôt qu’en leur cœur.</p>
<p><em>Une version plus courte de ce billet avait été présentée en 2009 dans le cadre d&#8217;une chronique que je présente sur les ondes de la Radio suisse romande, dans le cadre de l&#8217;émission d&#8217;actualité et de réflexion religieuse <a href="http://www.rsr.ch/la-1ere/programmes/hautes-frequences/" target="_blank">Hautes Fréquences</a>.</em></p>
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		<title>Travail du dimanche: question sociale et/ou religieuse?</title>
		<link>http://orbis.info/2010/03/travail-du-dimanche-question-sociale-etou-religieuse/</link>
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		<pubDate>Fri, 12 Mar 2010 17:38:13 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Jean-François Mayer</dc:creator>
				<category><![CDATA[Europe]]></category>
		<category><![CDATA[Religion et politique]]></category>
		<category><![CDATA[dimanche]]></category>

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		<description><![CDATA[L'action "pour la protection du dimanche" comme jour chômé en Europe voit s'associer des organisations religieuses et des militants syndicalistes. Des préoccupations autant sociales que religieuses sont avancées pour maintenir des limitations strictes du travail dominical.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>À quoi sert le dimanche? Simplement un jour de repos un peu arbitraire, maintenu par habitude dans des sociétés postchrétiennes? Ou le pivot de toute la semaine, autour duquel s&#8217;ordonne le cours de l&#8217;existence, d&#8217;abord sur le plan liturgique pour ceux qui pratiquent?</p>
<p>Toutes ces pensées me sont venues en recevant cette semaine un message électronique de la <a href="http://www.comece.eu/">Commission des épiscopats de la Communauté européenne</a> (COMECE), à l&#8217;enseigne d&#8217;une &laquo;&nbsp;mobilisation pour la protection du dimanche au niveau européen&nbsp;&raquo;. Une conférence pour relancer ce débat se tiendra au Parlement européen le 24 mars 2010. La réunion est organisée par des parlementaires européens et la Fondation Konrad Adenauer (proche de la démocratie-chrétienne), mais le soutien est beaucoup plus large et dépasse les rangs catholiques: outre des organisations catholiques, nous trouvons dans la liste des syndicats (pas seulement chrétiens), l&#8217;Église protestante allemande, l&#8217;Église anglicane, l&#8217;Église orthodoxe de Chypre et la représentation de l&#8217;Église orthodoxe de Grèce auprès de l&#8217;Union européenne, l&#8217;Union baptiste de Grande-Bretagne ainsi que plusieurs associations nationales qui se battent pour maintenir le dimanche comme jour chômé.<span id="more-118"></span></p>
<p>Cet engagement pour la &laquo;&nbsp;protection du dimanche&nbsp;&raquo; repose donc sur une coalition d&#8217;intérêts sociaux et religieux. Le communiqué de la COMECE souligne le &laquo;&nbsp;lien entre santé des travailleurs et repos dominical&nbsp;&raquo;. Le dimanche servirait en outre à maintenir la &laquo;&nbsp;cohésion de nos sociétés&nbsp;&raquo;: &laquo;&nbsp;un jour de repos hebdomadaire commun à toute une société permet aux familles de se retrouver et aux citoyens de s&#8217;adonner à des activités culturelles, spirituelles et sociales.&nbsp;&raquo;</p>
<p><a style="text-decoration: none;" href="http://orbis.info/wp-content/uploads/2010/03/work-free-sunday.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-119" title="work-free-sunday" src="http://orbis.info/wp-content/uploads/2010/03/work-free-sunday.jpg" alt="" width="500" height="339" /></a></p>
<p>La dimension spirituelle est mentionnée, mais en quelque sorte en arrière-plan, au même titre que des activités culturelles ou sociales — et nul doute que les activités sportives occupent pour bien des gens plus de place que les célébrations religieuses ce jour-là&#8230; C&#8217;est d&#8217;ailleurs sur cette corde que semble jouer l&#8217;illustration de l&#8217;annonce de la conférence, telle qu&#8217;elle est reproduite ci-dessus.</p>
<p>Au Royaume-Uni, le site <a href="http://www.keepsundayspecial.org.uk">Keep Sunday Special</a> propose une liste de cinq raisons pour résister à l&#8217;évolution d&#8217;une société où tout fonctionne 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7: protéger les relations familiales et sociales, préserver une communauté saine avec la possibilité d&#8217;activités en commun un jour spécifique de la semaine, préserver le petit commerce local (qui n&#8217;a pas les moyens d&#8217;ouvrir avec les mêmes horaires que des supermarchés), pouvoir se reposer (en évitant la spirale des heures supplémentaires et dune activité ininterrompue), et &laquo;&nbsp;respecter la foi&nbsp;&raquo;. Le texte rappelle qu&#8217;un certain nombre de gens accordent au dimanche une <a href="http://www.keepsundayspecial.org.uk/why/respecting.php">importance religieuse</a> et qu&#8217;il convient, dans un esprit de respect des croyances, de leur donner la possibilité de s&#8217;arrêter ce jour-là.</p>
<p>Internet est l&#8217;un des vecteurs de mobilisation. En français, le site du <a href="http://www.travail-dimanche.com">Collectif des amis du dimanche</a> met à disposition de ses lecteurs des informations d&#8217;actualité et un abondant matériel pour en savoir plus.</p>
<p>J&#8217;y relève notamment un intéressant dossier sur <em><a href="http://www.travail-dimanche.com/origine-du-repos-dominical.html">L&#8217;origine du repos dominical</a></em>. Ce rappel historique, naturellement axé sur la France, met en lumière le développement d&#8217;une remise en cause du repos dominical depuis les penseurs des &laquo;&nbsp;Lumières&nbsp;&raquo;, au XVIIIe siècle, avec l&#8217;apparition d&#8217;un &laquo;&nbsp;argumentaire économique en faveur du travail du dimanche. L’article “Dimanche” de l’<em>Encyclopédie </em>explique que le dimanche doit être travaillé pour l’enrichissement de tous.&nbsp;&raquo; Sans oublier la tentative révolutionnaire de remplacer la semaine de sept jours par un nouveau rythme, avec le &laquo;&nbsp;décadi&nbsp;&raquo; comme jour chômé du calendrier républicain. Légalement, cependant, en France, c&#8217;est une loi de 1906 qui instaure le repos hebdomadaire (le plus souvent dominical), à la suite des efforts de milieux chrétiens et de réformateurs sociaux.</p>
<p>L&#8217;activisme pour le dimanche n&#8217;est pas nouveau. Au XIXe siècle apparurent des sociétés pour l&#8217;observation du dimanche, ou pour la sanctification du dimanche — notamment des organisations d&#8217;inspiration protestante. En 1876, des organisations nationales se fédérèrent en une Fédération internationale pour l&#8217;observation du repos du dimanche, dont le siège était à Genève (et à laquelle une thèse de Valérie Lathion a en partie été consacrée en 2007 à l&#8217;Université de Genève, voir à la fin du présent texte la référence d&#8217;un article qui en résume certains aspects). Au hasard de quelques explorations rapides, j&#8217;ai découvert que s&#8217;était tenu, à Bruxelles déjà, en juillet 1897, un Congrès international du repos du dimanche.</p>
<p>À vrai dire, certaines des controverses du XIXe siècle nous paraissent difficiles à comprendre aujourd&#8217;hui. Un professeur américain de journalisme, Jeffery A. Smith, rappelait dans un article publié en 2006 les débats entre protestants libéraux et conservateurs aux États-Unis, dans le dernier tiers du XIXe siècle, pour déterminer s&#8217;il était légitime d&#8217;autoriser certains divertissements profanes ce jour-là; les premiers estimaient qu&#8217;il était bon d&#8217;ouvrir les musées, par exemple, tandis que les seconds plaidaient, dans une tradition puritaine, pour un accent exclusivement religieux. Un autre débat était de savoir si l&#8217;on pouvait publier et lire des journaux profanes le dimanche, leurs adversaires essayant parfois de combattre leur influence supposément nocive par la diffusion de magazines édifiants. Certains prédicateurs n&#8217;hésitaient pas à décrire la presse dominicale comme un grave danger pour les Églises, une malédiction pour les foyers et des ennemis de la morale (Jeffery A. Smith, &laquo;&nbsp;Sunday Newspapers and Lived Religion in Late Nineteenth-Century America&nbsp;&raquo;, <em>Journal of Church and State</em>, 48/1, hiver 2006, pp. 127-152). De tels débats sont bien loin des préoccupations même des défenseurs actuel les plus ardents de la sanctification du dimanche.</p>
<p>Si une &laquo;&nbsp;résistance&nbsp;&raquo; au travail dominical se développe, c&#8217;est bien sûr parce que de plus en plus d&#8217;intérêts économiques vont dans le sens d&#8217;une érosion du caractère chômé du dimanche. Comme le titrait un article de Bertrand Bissuel dans <em>Le Monde </em>(27 février 2010), &laquo;&nbsp;le travail dominical se répand peu à peu&nbsp;&raquo; en France, depuis la loi du 10 août 2009, qui élargit les possibilités de dérogations au repos du dimanche.</p>
<p>Notons que, si le caractère chômé du dimanche semble battu en brèche dans certains pays européens, il en existe d&#8217;autres où des mesures plus strictes sont introduites: par exemple, en Croatie, à la suite d&#8217;un intense <em>lobbying </em>de l&#8217;Église catholique face à l&#8217;essor de centres commerciaux ouverts sept jours par semaines, des règles limitant les activités commerciales le dimanche sont entrées en vigueur le 1er janvier 2009. Certaines exceptions sont prévues, notamment pour le temps autour de Noël et pour la période estivale. Les boulangeries, kiosques à journaux et magasins de fleurs sont autorisés à ouvrir leurs portes le dimanche durant toute l&#8217;année. De même, les magasins dans les gares ou les hôpitaux peuvent rester ouverts,</p>
<p>Bien sûr, dans le contexte européen aussi, des minorités religieuses ont d&#8217;autres jours de repos que le dimanche. L&#8217;on sait, par exemple, l&#8217;importance du repos du sabbat pour un juif pratiquant: &laquo;&nbsp;Rien ne pourra jamais égaler la bénédiction spirituelle que le Juif fidèle trouve dans le repos si doux, dans la tranquillité si parfaite du jour du sabbat.&nbsp;&raquo; (cité par E. Guggenheim, <em>Le Judaïsme dans la vie quotidienne</em>, 4e éd., Paris, Albin Michel, 1978, p. 73) Analogiquement, c&#8217;est l&#8217;expérience que bien des croyants, en termes peut-être différents, pourraient donner de cette étape hebdomadaire, qui permet de reprendre ensuite avec plus d&#8217;énergie le rythme des activités quotidiennes.</p>
<p>Outre les juifs, des chrétiens &laquo;&nbsp;sabbatistes&nbsp;&raquo; respectent aussi le samedi comme jour du repos. La <a href="http://www.biblesabbath.org/">Bible Sabbath Association</a>, aux États-Unis, publie régulièrement un répertoire de ces groupes religieux. La plus récente édition du <a href="http://www.amazon.com/gp/product/1439259909?ie=UTF8&amp;tag=religioscope-20&amp;linkCode=as2&amp;camp=1789&amp;creative=9325&amp;creativeASIN=1439259909"><em>Directory of Sabbath-Observing Groups</em></a><em><img style="border: none !important; margin: 0px !important;" src="http://www.assoc-amazon.com/e/ir?t=religioscope-20&amp;l=as2&amp;o=1&amp;a=1439259909" border="0" alt="" width="1" height="1" /> <span style="font-style: normal;">est parue en novembre 2009 et permet de découvrir une variété de mouvements. Le groupe le plus important et le plus connu est sans conteste celui des adventistes du septième jour. Comme les juifs dans bien des cas, il a fallu aux adventistes, en tant que minorité, s&#8217;engager souvent pour faire respecter leurs principes religieux par rapport à une question telle que le sabbat: celle-ci a joué un rôle important pour les pousser à s&#8217;engager dans la défense de la liberté religieuse en général, à travers l&#8217;<a href="http://www.irla.org/">International Religious Liberty Association</a> (IRLA), créée à la fin du XIXe siècle déjà, et son pendant européen né à la fin de la 2e guerre mondiale, l&#8217;<a href="http://www.aidlr.org/">Association internationale pour la défense de la liberté religieuse</a> (AIDLR) — ces associations défendant la liberté religieuse en général, et pas simplement celle des croyants adventistes.</span></em></p>
<p>La défense de la liberté religieuse était en partie motivée par la crainte des adventistes de voir imposées des lois strictes sur l&#8217;observation du dimanche: &laquo;&nbsp;ils annoncent que le dimanche deviendra la mnarque distinctive de la collaboration entre l&#8217;Église et l&#8217;Antéchrist. Ainsi, leur refus de reconnaître le dimanche tient plus à son caractère eschatologique qu&#8217;à son caractère légal.&nbsp;&raquo; (Richard Lehmann, <a href="http://www.amazon.fr/gp/product/2503823459?ie=UTF8&amp;tag=religioscope-21&amp;linkCode=as2&amp;camp=1642&amp;creative=6746&amp;creativeASIN=2503823459"><em>Les Adventistes du septième Jour</em></a><em><img style="border: none !important; margin: 0px !important;" src="http://www.assoc-amazon.fr/e/ir?t=religioscope-21&amp;l=as2&amp;o=8&amp;a=2503823459" border="0" alt="" width="1" height="1" /></em>, Ed. Brepols, 1987, p. 43) En effet, aux États-Unis, à la fin du XIXe siècle, des milieux chrétiens, soucieux de contrer des tendances sécularisatrices, voulurent imposer un strict respect du repos dominical. Inévitablement, les adventistes, qui estimaient être libres de travailler ce jour-là, en subissaient les conséquences. L&#8217;Église adventiste s&#8217;engagea ainsi dans des efforts pour maintenir une stricte séparation de l&#8217;Église et de l&#8217;État et fut à l&#8217;origine de la <a href="http://religiousliberty.info/">National Religious Liberty Association</a> en 1889. La préoccupation des adventistes par rapport aux <em>Sunday Laws </em>n&#8217;a pas disparu aujourd&#8217;hui (lire l&#8217;article de James D. Standish, <a href="http://religiousliberty.info/article.php?id=37">&laquo;&nbsp;Sunday Laws in an Age of Freedom&nbsp;&raquo;</a>). C&#8217;est un bon exemple de conflit entre vues religieuses différentes quant au repos dominical, dépassant ainsi la dichotomie religion/sécularisme sur ces questions.</p>
<p>Dans les pays musulmans, c&#8217;est le vendredi qui est le jour chômé. Dans la diaspora musulmane hors des terres à majorité musulmane, des arrangements sont cherchés avec les employeurs afin de dégager si possible un moment pour pouvoir participer à la prière communautaire du vendredi.</p>
<p>Même si l&#8217;association entre dimanche et repos dominical nous semble aujourd&#8217;hui presque aller de soi comme héritage du christianisme, l&#8217;histoire du repos du dimanche semble plus complexe, comme l&#8217;a montré Willy Rordorf, auteur de <em>Sabbat et dimanche dans l&#8217;Église ancienne </em>(Delachaux et Niestlé, 1972). Dans la notice &laquo;&nbsp;Dimanche&nbsp;&raquo; qu&#8217;il rédigea pour le <em>Dictionnaire encyclopédique du </em>christianisme ancien (t. I, Paris, Cerf, 1990, pp. 690-693), Rordorf, après avoir rappelé les différentes hypothèses sur l&#8217;origine du dimanche, qualifie de &laquo;&nbsp;confusion&nbsp;&raquo; l&#8217;idée que le dimanche serait un &laquo;&nbsp;sabbat chrétien&nbsp;&raquo;: ce fut l&#8217;empereur Constantin qui proclama le dimanche comme jour du repos public en 321, mais l&#8217;on ne connaissait pas le repos dominical auparavant. Dès le VIe siècle, cependant, l&#8217;équivalence entre sabbat et dimanche semble avoir été bien établie.</p>
<p>Je n&#8217;ai jamais eu l&#8217;occasion de lire un livre sur la façon de vivre le dimanche dans le contexte du Moyen-Âge européen, par exemple. Il existe certainement de telles études, mais elles ne me sont pas connues. En revanche, il me suffit de discuter avec des personnes ayant grandi dans l&#8217;entre-deux-guerres dans le canton de Fribourg (Suisse), où je vis, très marqué par le catholicisme romain, pour savoir comment était vécue une journée dominicale dans une famille catholique dans une petite localité ou un village du canton. Participation à la messe, tout d&#8217;abord — pour certains même à une première messe assez tôt le matin, puisque le jeûne eucharistique était encore la règle, puis à nouveau la grand-messe solennelle. La participation à la messe était contrôlée pour les élèves des écoles (de même qu&#8217;ils devaient produire à certaines occasions des &laquo;&nbsp;billets de confession&nbsp;&raquo;). L&#8217;après-midi, les enfants avaient obligation de se rendre aux vêpres ou d&#8217;en demander la dispense au curé s&#8217;ils ne pouvaient le faire. Toute la journée portait donc l&#8217;empreinte de la pratique religieuse. À la campagne, il arrivait que des prêtres donnent  en chaire une permission spéciale aux paysans pieux de travailler dans leurs champs un dimanche après-midi afin de sauver leurs récoltes parce que l&#8217;orage menaçait.</p>
<p>Nombre de textes sur le monde protestant nous rapportent un mode d&#8217;observation du dimanche similaire à bien des égards. Dans les Îles britanniques, le puritanisme avait introduit un strict respect du dimanche, certainement lié à l&#8217;éthique calviniste du travail et à l&#8217;influence des modèles bibliques: après six jours de labeur, une journée de repos strict, assez proche à bien des égards du modèle du sabbat juif — le terme &laquo;&nbsp;sabbat&nbsp;&raquo; était d&#8217;ailleurs explicitement utilisé, bien que le jour observé ait été le dimanche.</p>
<p>Nous en sommes loin aujourd&#8217;hui dans la plus grande partie de l&#8217;Europe, même si le dimanche reste un jour à part, où tout fonctionne différemment, sans que la participation aux offices religieux soit au cœur de la vie de la majorité des Européens ce jour-là. En revanche, si l&#8217;on se rend dans certains pays non occidentaux fortement christianisés, l&#8217;image est différente: je me souviens, il y a quelques années, de m&#8217;être trouvé en route un dimanche sur des routes de l&#8217;Ouganda et d&#8217;avoir été frappé par le flux des fidèles endimanchés, en marche vers leur lieu de culte.</p>
<p>Pourtant, même en Europe, la conjonction d&#8217;intérêts allant des croyances religieuses à la défense des avantages sociaux et de la vie de famille font que la défense du dimanche restera encore pour longtemps un thème mobilisateur et favorisant des alliances entre partenaires inattendus. Sans oublier peut-être le sentiment que l&#8217;être humain éprouve le besoin de marquer des haltes dans le rythme de sa vie quotidienne (dimanche, jours de fête, vacances&#8230;): finalement, nous sommes tous reconnaissants de l&#8217;existence de ce jour pas comme les autres — quelles que soient nos croyances ou l&#8217;absence de celles-ci.</p>
<p><em> </em></p>
<div id="attachment_122" class="wp-caption aligncenter" style="width: 610px"><a href="http://orbis.info/wp-content/uploads/2010/03/work_free_sunday_partners.jpg"><img class="size-full wp-image-122" title="work_free_sunday_partners" src="http://orbis.info/wp-content/uploads/2010/03/work_free_sunday_partners.jpg" alt="" width="600" height="421" /></a><p class="wp-caption-text">Les organisations qui soutiennent l&#39;action pour la protection du dimanche en Europe.</p></div>
<p>Outre les sites déjà cités dans l&#8217;article, d&#8217;autres sites qui militent pour préserver le caractère spécial du dimanche peuvent être mentionnés, par exemple <a href="http://www.saveoursundays.ca">Save our Sundays</a> au Canada, <a href="http://allianz-fuer-den-freien-sonntag.de/">Allianz für den freien Sonntag</a> en Allemagne, ou l&#8217;<a href="http://www.freiersonntag.at/">association du même nom en Autriche</a> (qui regroupe des Églises chrétiennes variées aussi bien que des associations syndicales, musicales ou d&#8217;amis de la nature, sans parler des familles monoparentales).</p>
<p><em>Je signale également un numéro récent (que je n&#8217;ai pas encore lu, mais que je m&#8217;empresse de commander) de la revue </em><a href="http://www.amazon.fr/gp/product/2200925638?ie=UTF8&amp;tag=religioscope-21&amp;linkCode=as2&amp;camp=1642&amp;creative=6746&amp;creativeASIN=2200925638"><em>Histoire Economie &amp; Société</em></a><img style="border: none !important; margin: 0px !important;" src="http://www.assoc-amazon.fr/e/ir?t=religioscope-21&amp;l=as2&amp;o=8&amp;a=2200925638" border="0" alt="" width="1" height="1" /> <em>(octobre 2009) sur le thème &laquo;&nbsp;Combats autour du repos hebdomadaire (XIXe-XXe siècle)&nbsp;&raquo;. Au sommaire: Robert Beck, &laquo;&nbsp;Esprit et genèse de la loi du 13 juillet 1906 sur le repos hebdomadaire&nbsp;&raquo;; Matthieu Brehjon de Lavergnée, &laquo;&nbsp;Le repos du dimanche: un exemple de lobbying catholique en France au milieu du XIXe siècle&nbsp;&raquo;; Séverine Blenner-Michel, &laquo;&nbsp;Sanctifier le dimanche ou le vain combat de l’épiscopat français au XIXe siècle&nbsp;&raquo;; Pierre-Yves Kirschleger, &laquo;&nbsp;L’Internationale protestante d’Alexandre Lombard, dit Lombard-Dimanche&nbsp;&raquo;; Valérie Lathion (auteur d&#8217;une thèse sur le sujet, soutenue en 2007), &laquo;&nbsp;Un dimanche à Genève. Enjeux religieux et sociaux de la lutte pour un dimanche chrétien&nbsp;&raquo;; Isabelle Saint-Martin, &laquo;&nbsp;La sanctification du dimanche : un combat par l’image&nbsp;&raquo;; Bruno Béthouart, &laquo;&nbsp;Les syndicats chrétiens et le repos du dimanche (1887-1964)&nbsp;&raquo;; Emmanuel Roudaut, &laquo;&nbsp;Repos hebdomadaire et respect du jour du Seigneur: le cas britannique&nbsp;&raquo;.</em></p>
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