Depuis quelques jours, un nouveau site est en ligne, Religion.lu. Il propose l’amorce d’un répertoire des mouvements religieux et spirituels au Luxembourg. Voici comment est née cette initiative, presque fortuitement…

Depuis quelques jours, un nouveau site est en ligne, Religion.lu. Il propose l’amorce d’un répertoire des mouvements religieux et spirituels au Luxembourg. Voici comment est née cette initiative, presque fortuitement…

Récemment sorti en DVD, et disponible pour l’instant en version allemande et anglaise, David Wants to Fly est la réalisation d’un jeune cinéaste allemand, David Sieveking, parti à la découverte de la Méditation Transcendantale (MT). En le regardant, mon attention a surtout été attirée sur les motivations de ceux qui adhèrent à un tel enseignement: si l’aspiration à atteindre un épanouissement personnel est la première motivation, il y a plus que cela chez ceux qui s’engagent activement dans le mouvement.
Le 11 novembre 2010, la Télévision suisse romande a diffusé, dans le cadre de son magazine Temps présent, un reportage de Florence Fernex et William Heinzer, intitulé Grandir avec Jéhovah. Une émission de ce genre offre une bonne occasion de réfléchir quelques instants tant au traitement médiatique de groupes religieux qu’aux stratégies de communication adoptées par ces groupes. C’est ce que m’a demandé de faire, le lundi 15 novembre, l’émission radiophonique Médialogues (Radio suisse romande, La Première) dans le cadre d’un entretien. À la suite de celui-ci, il m’a semblé utile de mettre quelques réflexions sur le papier, dans le sillage de mes réponses orales.
Comme son nom l’indique, le reportage de Temps présent était consacré aux Témoins de Jéhovah, et plus particulièrement aux enfants chez les Témoins de Jéhovah.
Le sujet présente un réel intérêt: comment évoluent des enfants dans une communauté minoritaire souvent qualifiée de « secte », communauté à laquelle leurs parents ou grands-parents se sont convertis, communauté dans laquelle l’appartenance suppose un engagement nettement supérieur à la moyenne des groupes religieux dominants dans l’Occident contemporain, et où le respect de certains principes est affirmé de façon rigoureuse? La recherche sur des nouveaux mouvements religieux plus récents prête aussi attention aux défis que représente, pour des groupes fondés sur une adhésion volontaire, la présence d’enfants, puis d’adolescents, qui y grandissent sans avoir choisi d’y adhérer.
La localité de Belp, près de Berne, n’est pas seulement le site d’un aéroport: à côté de la paroisse catholique, de la paroisse réformée et de plusieurs groupes évangéliques, elle accueille depuis quelque temps un bâtiment à l’architecture moins coutumière: la belle église de la communauté orthodoxe serbe de Berne. L’intérieur de cet édifice est encore en cours d’aménagement, mais les services liturgiques y sont célébrés chaque semaine depuis juin 2009, en attendant la consécration du bâtiment quand les fresques seront achevées. Une communauté orthodoxe serbe existe à Berne depuis 1969 et, durant quarante ans, a reçu l’hospitalité de la paroisse catholique-chrétienne (vieille-catholique) de cette ville.
Un grande différence avec les paroisses réformée et catholique de Belp: la nouvelle église serbe ne se trouve pas au centre du village, mais dans une zone industrielle en développement, entre un immeuble administratif et un vaste hangar. Elle n’est d’ailleurs pas la seule dans ce cas, parmi les communautés religieuses apparues en Suisse, au cours des dernières décennies, dans le sillage de populations d’immigrants. Ainsi, le pittoresque temple bouddhiste thaïlandais de Gretzenbach, dans le canton de Soleure, a pour arrière-plan l’énorme tour de réfrigération de la centrale nucléaire de Gösgen.
Comme chaque année, en cette période de la Toussaint, les journaux publient des articles sur les cimetières ou l’évolution des rites funéraires. Les uns et les autres connaissent de rapides transformations, qui méritent l’attention de ceux qui étudient les croyances et pratiques liées à la mort dans le monde contemporain.
Pour ma part, je suis allé voir aujourd’hui une exposition de photographies au Musée Gutenberg de ma ville de Fribourg. Intitulée Immortalis, l’exposition présente des photographies de tombes de personnalités enterrées dans des cimetières suisses, à travers l’objectif du photographe Hanspeter Buholzer.
Il nous montre des styles de monuments funéraires non seulement à travers les décennies, mais aussi marqués par des contextes locaux. Ainsi, la croix sculptée en bois du célèbre hôtelier César Ritz (1850-1918) est typique du style de certains cimetières alpestres.
Ce qui me frappe, s’agissant de monuments funéraires de personnalités, c’est que beaucoup sont d’une grande sobriété: le nom, la date de naissance et la date de décès sur la tombe. Dans le recueil de photographies de Buholzer, seules de rares tombes sont surmontées d’un buste ou d’une représentation réaliste du défunt. De simples inscriptions sur des pierres rectangulaires marquent les sépultures de Thomas Mann (1875-1955) et plusieurs membres de sa famille. Une simple croix de pierre surmonte celle de l’actrice Audrey Hepburn (1929-1993). Et bien d’autres encore.
Il y a une dizaine d’années, j’avais découvert, au hasard d’achats de gravures, quelques illustrations provenant des Cérémonies et coutumes religieuses de tous les peuples du monde représentées par des figures dessinées de la main de Bernard Picart, volumes publiés à Amsterdam à partir de 1723. J’avais été d’emblée séduit par la qualité de ces gravures: depuis, j’en ai acheté plusieurs, fait encadrer quelques-unes, offert d’autres. À l’entrée de mon logement, l’on peut voir sur un mur une procession de la Fête-Dieu, sur l’autre un baptême et des funérailles russes — la première plus exacte que la seconde: Picart avait pu voir des processions de la Fête-Dieu, mais sans doute jamais des cérémonies orthodoxes russes. Les représentations de Picart ne se limitent pas aux formes religieuses du monde chrétien: les cultures les plus exotiques se trouvent aussi dans sa galerie.
De Picart, je savais simplement qu’il était un protestant français réfugié aux Pays-Bas. J’avais deviné aussi que l’influence de ses représentations avait été large: en effet, au milieu du XIXe siècle, des ouvrages sur les religions continuaient de copier Picart. Mais je n’avais pas conscience de l’importance de l’œuvre de Picart dans l’histoire des idées en Europe.
L’un des aspects de la piété orthodoxe qui frappe souvent les chrétiens occidentaux est l’importance qu’y conserve le culte des reliques. Cela fait quelques mois que je me propose d’évoquer à ce sujet un récent livre d’un professeur d’histoire américain, Robert H. Greene, qui s’est intéressé au culte des saints et au rôle des reliques en Russie, mais aussi aux réactions du pouvoir soviétique face à cette manifestation de la foi durant les premières années de la domination communiste. Le livre se concentre sur la période 1861-1929 — période de renouveau religieux suivi par la tourmente révolutionnaire.
L’amour des livres est-il une addiction? Je ne parle pas simplement du livre de collection, du tirage sur beau papier, mais du livre en général. Depuis mon enfance, il me paraît naturel de soigner mes livres, même un livre de poche; je suis horrifié de voir comment certains lecteurs traitent leurs livres. Certes, ce qui m’intéresse est le contenu. Mais le support matériel de ces compagnons que deviennent les livres mérite le respect. Serais-je donc bibliomane?
Je me suis interrogé sur la définition du mot, grâce aux précieuses ressources que nous offre, dans sa section « Lexicographie », le Centre national de ressources textuelles et lexicales. Surprise: la définition évolue d’une édition à l’autre du Dictionnaire de l’Académie française! Dans la 4e édition de celui-ci (1762), la bibliomanie est définie comme la « passion d’avoir des livres ». Dans la 8e édition (1932-1935), c’est la « manie d’avoir des livres précieux et rares ». La 9e édition (en cours depuis 1992, et en ligne) semble choisir la prudence et laisser à chaque lecteur le soin de tirer ses propres conclusions: « XVII e siècle. Composé de biblio- et de -manie, tiré du grec mania, «folie». Passion du bibliomane. » Mais le bibliomane (qui se trouve simplement « atteint de bibliomanie » dans des éditions antérieures, maladie plutôt inoffensive) a droit à un jugement sévère: « XVIIe siècle. Dérivé de bibliomanie. Personne qui a la passion des livres, notamment des livres rares et précieux, moins pour les lire que pour les posséder. »
Plusieurs autres dictionnaires poussent encore plus loin et soupçonnent le bibliomane de souffrir d’un sérieux dérangement: « Passion excessive des livres » (Littré); « Qui a une passion maniaque pour les livres » (Mediadico). Publié en 1995 chez Henry Holt and Company, un épais ouvrage de plus de 600 pages, que je n’ai pas eu l’occasion de lire, écrit par Nicholas A. Basbanes et consacré aux bibliophiles et bibliomanes, était intitulé A Gentle Madness, « une douce folie »…
Au mois de mai, le jeudi de l’Ascension, j’ai fait la désagréable expérience d’un dégât d’eau chez moi. Ennuyeux, puisqu’il faut ensuite réparer. Mais plus que cela, car quelque 200 volumes et brochures furent abîmés ou irrémédiablement détruits. L’occasion semble bonne pour partager quelques réflexions et anecdotes sur le goût pour les livres et l’imprimé en général. Ce sera l’objet de la prochaine note. Mais tout d’abord, quelques observations sur l’amour du papier.
Amour du papier? Oui, même si je suis loin d’être un expert du sujet: après tout, je trouve un plaisir sensuel à caresser une page, à sentir la texture du papier, et nul besoin pour cela qu’il s’agisse d’une édition de luxe. Parmi les volumes abîmés en ce jour fatidique de l’Ascension 2010 se trouvait une série reliée d’une petit périodique de l’entre-deux-guerres: plus d’une fois, en le consultant, je me plaisais à passer les doigts sur les pages bien lisses, comme pour les lisser encore mieux. En revanche, quand le papier bien conservé se gondole après les atteintes de l’humidité, ce plaisir disparaît — et peu importe que le texte soit toujours lisible, la lecture s’en trouve gâchée. (Lire la suite…)
Comme beaucoup de mes lecteurs, sans doute, j’utilise de temps en temps iTunes, pour télécharger un disque que je souhaite écouter ou pour entendre une station de radio.
Mais cela présente certains inconvénients: si j’ai envie d’écouter un disque par curiosité, sans nécessairement désirer le réécouter souvent, j’hésite à l’acheter. Quant aux stations de radio, il en est d’excellentes, mais elles vous imposent évidemment leur programme.
L’idéal serait de pouvoir être chez soi tout en ayant sur son ordinateur l’accès à un gigantesque magasin de disques où l’on pourrait “picorer” dans le stock et écouter sans restriction, une seule fois ou plusieurs fois, tous les disques du stock. Eh bien, cela existe: depuis un peu plus d’un mois, j’ai découvert Qobuz et je me suis abonné à leur offre de streaming. Plutôt convaincant: après mes premières expériences, l’information mérite d’être partagée.